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09 Déc 2007 

Chronique 1




« Le calme avant la tempête »

Le 9 Décembre 2007, à 5h46, sur les toits de la rue Steinlen à Paris, au bas de la butte Montmartre, Gabriel se planque, adossé à l'une des cheminées du numéro 10.

Ce p’tit bout de Paris est d’une vrai beauté quand il est endormi, il n’y a que le ronronnement de quelques voitures, le pas pressé d’un passant pressé s ‘égarant dans les tournants , un chat chamboulant quelques poubelles,ou un coup de klaxon furieux qui pourraient rompre sa solitude. Cela va bientôt faire trois heures que Gabriel attend, son appareil photo en main, que l’échange se fasse sous ses yeux. Une voiture devrait venir pour déposer un sac dans une cabine téléphonique et un dénommé Officier K, le récupérer. Il ne sait pas qui conduit la voiture ni ce qu’il y a dans le sac. Mais Gabriel croit bien une chose, c’est que si son frère l’a envoyé dans une planque aussi minable, c’est qu’il pourrait bien y avoir des réponses qui feront avancer leur enquête.

Alors, il attend… Il pleut à peine sur la capuche de Gabriel et vautré sur les tuiles mouillées, il décide de se rouler un joint et de patienter plus confortablement. De la haut, il a l’impression d’être au beau milieu d’une immense fourmillière. Chaque personne dans sa p’tite boite, à côté d’une autre p’tite boite, à côté d’une autre p’tite boite… Il se sent bien étranger à tout çà, et préfère se perdre dans des paradis artificiels plutôt que d’être comme tout le monde, tous identiques et sans saveur. Sur ce toit il attend des réponses, alors il ouvre les yeux bien grands, il vérifie son cadrage et si la lumière des lampadaires et de la cabine sont bien captée par son objectif.

Une heure plus-tard, une AX blanche se gare près de la cabine, une femme descend. Gabriel mitraille la scène du mieux qu’il peut. Sa respiration est coupée pour ne pas rendre flous les clichés. Il a déjà capturé la plaque d’immatriculation, le visage de la femme quand, sans aucun signe précurseurs, toute la scène tombe dans le noir. Les lampadaires de la rue, les lumières dans les appartements, la cabine téléphonique, toutes ces lueurs se sont éteintes. La ville vient de s‘endormir complètement. Gabriel n'arrive plus à prendre de photo. La dernière chose qu’il peut apercevoir dans cette rue, ce sont les phares arrières de cette voiture blanche disparaîssant dans le carrefour.

Arrivé au bas de l’immeuble, Gabriel se rend à la aveuglette jusqu’à la cabine. Il y trouva le sac, personne n’est venu le récupérer. Les réponses vont peut-être arriver, finalement. Dans un Paris sans lumières, endormi jusqu’à la moindre ruelle, Gabriel termine sa planque comme un fantôme ayant volé un trésor.

Pilote · 79 vues · 1 commentaire
09 Déc 2007 

Chronique 2:

« C’est uniquement quand la proie est distraite que le chasseur peut la piéger »


Le 20 Décembre 2002 au Sénégal, après cinq heure de vol dans un avion ridiculement inconfortable, une file d’attente soualante pour récupérer leurs bagages et un voyage en taxi digne des plus belles tentative de suicide dans les rues de Dakar, la famille Archaël va enfin se retrouver au complet pour le réveillon. Trois frères vont passer quelques jours de vacances chez leurs parents dans le quartier résidentiel du D.A 160, une base militaire située sur la corniche de Dakar, plus précisément à Ouakam-Mermoz.

C’est Gabriel, qui franchi en premier le portail d’entrée de cette ancienne maison coloniale, pressé qu'il est de retrouver sa mère et son p’tit frère de dix ans de moins. C’est bien sûr Jack et Lucas, les faux jumeaux et aînés de cette fratrie, qui portent les bagages et règlent le taxi qui les a conduits depuis l’aéroport. La famille est presque au complet. Les embrassades se sont éternisées au moins un quart d’heure tant tout le monde était heureux.

« Votre père est à l’intérieur! » Dis Marie, la mère, pour excuser l’absence du patriarche.

« Je pars juste une heure en ville avec Adam pour aller chercher le gâteau chez le traiteur… au chocolat, comme tout le monde l’adore! ».

Adam, le tout dernier, âgé de 10 ans, est le chouchou de tous ses grands frères et c’est sûrement lui qui a cassé les pieds à leur mère pour qu'il y ait un gâteau.

Après avoir posé ses bagages dans la chambre, Jack s’étonne de n’avoir toujours pas croisé son père dans la villa. D’ailleurs; çà fait déjà une bonne demi-heure que sa mère et son p’tit frère auraient dû rentrer avec le gâteau . Inquiet, il sort de sa chambre et se dirige vers le salon, où il découvre avec étonnement que toutes les fenêtres sont munies de barreaux. Au salon, il retrouve son faux jumeaux Lucas ainsi que Gabriel qui est déjà en train de plonger la tête dans le mini bar. Dans cette pièce, rien n’a vraiment l’air normal et il n’y a rien qui donne l’envie d’y vivre. Pas de cadres au mur, alors que Marie, la maîtresse de maison est une artiste peintre. « Il y a un truc qui cloche! ». C’est au moment où Jack arrive à cette conclusion qu’il voit son père au travers les barreaux d’une fenêtre. Il discute avec des militaires en uniforme. Ce sont ces mêmes soldats qui quelques instants plus tard délimitent un périmètre de sécurité autour de la villa coloniale.

Un piège imprévisible a jeté sont dévolu sur les trois frères, un piège visiblement tendu par leur propre père le Colonel Archaël. Aucune porte ne s’ouvrent sur l’extérieur, la terrasse reste inaccessible. Dans la panique, l‘un des jeunes hommes essaye d‘appeler l‘extérieur. Mais la ligne téléphonique aussi est coupée. Gabriel, Jack et Lucas sont faits comme des rats. Inquiets, ne sachant quoi faire, et très surpris de la tournure des évènements, ils s’interrogent et examinent la situation. La pièce devient vite angoissante et les garçons tournent en rond dans toutes la villa pour se mettre à l’abri, ou fuir. Le grand final de cette scène, digne d’un feuilleton catastrophe, la porte d’entrée est défoncée par un groupe de militaires armés. Une grenade aveuglante est balancée dans la pièce. Les trois frères sont attaqués, les proies sont capturées.

Pilote · 75 vues · 1 commentaire
10 Déc 2007 

Chronique 3


« Évasion »

Toute notion d’humanité est perdue depuis qu’il est enfermé dans cette cellule. Son propre nom lui est inconnu ainsi que ses souvenirs. Aussi loin qu’il puisse se rappeler sa vie, elle n'a eu d’existence qu’ici, entre ces quatre murs blancs.

Son regard reste fixé sur l’écran devant lui. A genoux au milieu de la pièce il patiente comme un petit chien attendrait qu’on lui donne un gourmandise. Même si sa mémoire reste stérile, il sait que sa survie dépend uniquement du bon vouloir de cet écran vide.

Un mot se met à clignoter : « nourriture ».

Le regard du prisonnier change de direction, il regarde la console située sous l’écran et appui sur un des deux triangles qui la composent. D’autres mots apparaissent : « accusé de réception ».

Le regard du prisonnier change à nouveau de direction, il fixe le distributeur à gauche de la console. Là, deux cubes gris et marron viennent de tomber. Il prend le premier dans ses mains, l’écrase jusqu’à en faire de la poudre et l’ingurgite goulûment. Il prend le deuxième, le gris , et le lèche comme une glace.

Comme toute les cellules, celle-ci a une porte, qui s’ouvre quelquefois. Dès que l’écran marque le mot « mission », le prisonnier se met face à elle et entre dans une autre pièce. C’est se qui arrive à notre inconnu quand il a fini de lécher son étrange cube gris. Sauf que cette fois, la porte ne s’ouvre pas. A la place, une énorme détonation se fait entendre au-delà de sa cellule d’isolement, provoquant deux grandes secousses et des tremblements violents. La lumière aussi subit des dommages et ce ne sont plus des projecteurs blancs qui éclairent la cellule mais un gyrophare rouge à présent. Le prisonnier se retourne et regarde son écran. Il se met à clignoter « évacuation générale »... De la fumée sort du distributeur et toute la console s‘éteint en grésillant. La porte s’ouvre mais le prisonnier hésite. Le chien de garde ne sait visiblement plus quoi faire quand son maître n‘est plus là. Aucune directive ne lui est assignée, l’écran reste noir, désespérément noir… Derrière la porte il n’y a manifestement aucun danger et les secousse ne se font plus sentir. Rien ne le force à rester, rien de le force à partir, sinon une certaine curiosité.

Notre prisonnier jette un rapide coup d’œil en direction de la sortie, puis franchi la porte sans aucuns remords.

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10 Déc 2007 

Chronique 4:


« Fuyez! »


Le 9 Décembre 2007,dans les catacombes de Paris, à une centaine de mètres sous terre, quelques minutes avant que la ville tombe dans l’oubli.


Lucas perçoit toujours se qu’il voit sous un angle différent que le ferait le commun des mortels. Il a très vite compris que Paris, aussi belle et si solide soit-elle, n’est en réalité qu’un vulgaire château de carte enraciné dans un profond gruyère. Le gruyère en l’occurrence est constitué des parkings souterrains, des sous-sols des immeubles, du métropolitain, et des catacombes. C’est là que Lucas à choisi d’y incruster, à l’abri de tout regards indiscrets, sa cachette, son centre d’information, son chez lui.


Derrière ses lunettes, il déchiffre les dizaines d’écrans à plasma qui se bousculent sur son bureau. C’est sa banque d’information, reliée à tout se qui est possible d’être relié par un génie de l’informatique. Lucas est un passe partout virtuel, un usurpateur de codes secrets, de mots de passe, de satellites espions.


C’est donc dans les environs de 6h15, que Lucas détecte avant tout le monde, le black-out imposé à Paris. Les informations arrivent en surnombre: des satellites sont détruit par centaines autour du globe, les centrales nucléaires sonnent leurs alarmes anti-terroristes , New York, Tokyo, Sydney puis Londres n’ont plus de courants, touts les moyens de communication s’éteignent un à un sur tout les continents.


Lucas a à peine le temps de sauvegarder toute ces dernières informations sur un disque dur externe de sa banque de donnée, qu’ à son tour Paris tombe dans l’oubli.


Une lampe torche entre les dents, notre passe partout de l’informatique est maintenant réduit à dévisser sa banque de données pour en extirper le disque dur externe qui a tout sauvegardé. Le tournevis s’arrête net dans la main de Lucas quand des bruits annonçant le déplacement d’un groupe d’individus attire son attention. Il pourrait reconnaître ce bruit n’importe où et dans n’importe qu’elle circonstance. Il se dresse sur ces jambes, préméditant un futur conflit, son disque dur externe en main à la place de son tournevis.


Quatre militaires armés et protégés par des boucliers rentrent dans l’impasse où Lucas avait installé son QG. Sans qu’il n’ais eu le temps de faire quoi que ce soit la bandes armée se retrouve collée au plafond sans pouvoir faire le moindre geste et donc dans l’impossibilité d’utiliser leurs armes. Lucas ramassa une sorte de mitrailette tombée au sol et se met à courir dans cet immense gruyère en direction de la sortie. Sa fuite s’interrompt net. Une douleur sans aucun nom vient fracasser la tête du fuyard. Non pas comme un coup reçu sur le crâne mais plutôt comme une migraine insupportable qui le force à lâcher son arme et son disque dur externe. Lucas s’écroule sur le sol puant des catacombes.


Une femme vient. Elle récupère le disque dur externe et s’allume une cigarette.


D’une voie frêle, elle chuchota à l’oreille de Lucas comme s’il pouvait l’entendre: « A chacun son tour, Monsieur Lucas Archaël… ou devrais-je dire Pilote?» .



Pilote · 75 vues · 1 commentaire
11 Déc 2007 

Chronique 5:


« Quand la réalité dépasse l’imaginaire… »


Paris, le 10 Décembre 2007, au sommet d’un immeuble, assis au beau milieu d’une parabole, un voleur d’image scrute l’horizon.


Le jour se lève à peine, et pourtant Gabriel est déjà en train de se fumer un pétard. Tout fou le camp! Et ce n’est pas rien de le dire. Sa vie est un fiasco depuis sa naissance. Artiste incompris, il sait qu‘il ne pourra jamais être comme « Tout le monde! » . Alors il fume, et il fume encore… Chaque bouffée de cette drogue dealée dans les coins sombres de Paris l’éloignent peu à peu de toute réalité.


Mais ce matin les circonstances sont différentes. Paris semble une ville fantôme. Les voitures circulent à peine, les gens ne sortent pas de chez eux, comme si l‘horloge interne de la capitale avait cessé de tourner. Entre quelques taffes sur son joint, Gabriel immortalise ce moment, son objectif en main, il se sent comme le témoin d’une révolution silencieuse.



Pilote · 87 vues · 1 commentaire

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